Le petit roman du vin de Christian Millau

Essai.

Christian Millau est le célèbre co-fondateur des guides Gault-et-Millau. C’est à la fois un critique acerbe, un fin journaliste et un grand gastronome. Dans ce petit livre, il nous livre sa vision du vin, ses expériences, ses rencontres, ses découvertes mais aussi ses déceptions œnologiques.

Bordeaux, Bourgogne, Champagne et autres breuvages exquis défilent à tour de rôle au fil des pages. Christian Millau s’attache à nous décrire tous les plaisirs mais aussi les travers du vin. Il s’intéresse notamment aux ventes aux enchères de bouteilles de vin où les prix s’envolent de manière presque indécente. De la bonne société américaine aux clubs de dégustateurs, il brosse le portrait d’une société avide de luxe qui perd parfois le sens des réalités. 

« On vit se former des clubs de dégustateurs, se développer des revues spécialisées de toute première qualité et bientôt, chez Sotheby’s et Christie’s, on s’arrache, à prix d’or, d’antiques flacons, avec la même frénésie qu’une décade plus tôt les milliardaires grecs et texans s’étaient rués sur les pommes de Cézanne ou les baigneuses de Renoir. Les nouveaux riches de Los Angeles ou de Dallas payèrent jusqu’à 25 000 dollars un Château Yquem ou un Lafite Rothchild 1903, qu’ils exposaient, comme un bronze Ming. »

Le vin : un objet d’art comme les autres ?

Heureusement, le vin n’est pas qu’une relique tout juste bonne à être exposée sur une vitrine. C’est un produit de passion, élaboré par des passionnés à qui une partie d’eux-même est détruite quand des ceps sont arrachés à cause du phylloxéra, de l’oïdium ou du mildiou.

Ce petit livre est très intéressant puisqu’il mêle les anecdotes de Christian Millau avec les réalités du monde viticole actuel.

J’aime particulièrement ce passage, situé en début d’ouvrage :

« Le terrorisme du goût nous menace tous. C’est pourquoi j’ai toujours répugné à me laisser coiffer du titre de « critique gastronomique ». Le critique, c’est comme un gendarme : il dresse des procès-verbaux, inflige des amendes et, avec un vif plaisir, envoie au trou le malheureux qui lui tombe sous la patte. Pire encore, comme les saints, il fabrique des évangiles et comme les papes, fait des bulles. »

Un  petit livre exquis, à déguster gorgée après gorgée.

À lire en dégustant une tasse de thé ou un verre de vin.

Retrouvez aussi cet article sur Livres dans la poche.

Du nouveau en kiosque

En allant faire un petit tour chez mon marchand de journaux, j’ai trouvé une nouvelle publication concernant la gastronomie.


La maison d’édition Menu Fretin, l’éditeur de gastronomie, vient de publier un tout nouveau magazine  : Gastronomie Magazine (un bimestriel). Le but affiché de cette nouvelle publication est « de porter un regard neuf sur la gastronomie« . Au programme, les changements dans les restaurants gastronomiques, un article sur l’inscription du repas gastronomique des Français au patrimoine immatériel de l’Unesco ; un portrait de Christophe Moret, nouveau chef de chez Lasserre ; des reportages sur des produits aussi divers que l’huile d’avocat du Chili, la conserverie di Amerigo, …

Une plongée au coeur de la gastronomie très agréable. La mise en page est claire, les articles sont très intéressants.

A noter aussi que cette même maison d’édition publie également les excellents Cahiers de la gastronomie dont le numéro 5 vient de sortir.


Deux incontournables pour ceux qui veulent en savoir plus sur la cuisine et son univers passionnant.

 

Gmag, bimestriel, n°1 janvier-février 2011, 3€80.

Les cahiers de la gastronomie, trimestriel, n°5, hiver 2010-2011, 10€.