Gelée et pâte de coings.

Alexandre Dumas dit du coing qu’on en « fait un sirop, qu’on administre dans les cas de diarrhées rebelles, et l’eau mucilagineuse qu’on obtient par l’immersion des pépins. Le coing sert à faire la bandoline, dont se servent les coiffeurs pour lisser les cheveux.« 

Que de vertus pour le fruit du cognassier ! Pour moi, point de potion ni de décoction mais une gelée et une pâte (merci à ma mère pour sa recette) qui font l’unanimité !

Pour la gelée de coings (4 pots environ) :

  • 1 kg de coings
  • sucre pour gelée (il faut compter 1 kg de sucre pour un litre de jus de coing)

Commencer par nettoyer avec un chiffon la peau duveteuse des coings. Enlever les pépins et couper les fruits en morceaux avec la peau. Couvrir à hauteur avec de l’eau et mettre à cuire pour 40 à 45 minutes selon la quantité et la maturité des coings.

Passer le jus à travers une passoire. Bien laisser égoutter. Réserver la pulpe de coings. Peser la quantité obtenu et calculer la quantité de sucre nécessaire.

Remettre le jus obtenu en casserole. Ajouter le sucre et cuire à gros bouillons pendant 5 minutes. Si vous utilisez du sucre semoule, ajouter le jus d’un citron et cuire une vingtaine de minutes. Mettre de suite dans les pots à confiture bien lavés auparavant.

On peut également ajouter à la cuisson de la cannelle et des fleurs de badiane : un délice !

Pour la pâte de coings :

  • la pulpe de coings réservée
  • sucre semoule

Passer la pulpe au mixeur plongeant et la mettre dans une casserole. Ajouter le sucre. Il faut compter 400 g de sucre pour 500 g de pulpe. Bien mélanger. La pâte est prête quand elle se décolle de la casserole, soit au bout d’une vingtaine de minutes environ. Ne pas cesser de remuer.

Étaler la pâte obtenue sur une plaque recouverte de papier sulfurisé ou dans des moules en silicone. Attendre que la préparation sèche (entre 3 et 5 jours). Petite astuce pour accélérer le processus : mettre les pâtes de coings dans un four chauffé à 60°C ; laisser la porte entre-ouverte et laisser la pâte se dessécher. Les pâtes de coings se conservent très bien dans une boîte fermée hermétiquement.

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Le petit roman du vin de Christian Millau

Essai.

Christian Millau est le célèbre co-fondateur des guides Gault-et-Millau. C’est à la fois un critique acerbe, un fin journaliste et un grand gastronome. Dans ce petit livre, il nous livre sa vision du vin, ses expériences, ses rencontres, ses découvertes mais aussi ses déceptions œnologiques.

Bordeaux, Bourgogne, Champagne et autres breuvages exquis défilent à tour de rôle au fil des pages. Christian Millau s’attache à nous décrire tous les plaisirs mais aussi les travers du vin. Il s’intéresse notamment aux ventes aux enchères de bouteilles de vin où les prix s’envolent de manière presque indécente. De la bonne société américaine aux clubs de dégustateurs, il brosse le portrait d’une société avide de luxe qui perd parfois le sens des réalités. 

« On vit se former des clubs de dégustateurs, se développer des revues spécialisées de toute première qualité et bientôt, chez Sotheby’s et Christie’s, on s’arrache, à prix d’or, d’antiques flacons, avec la même frénésie qu’une décade plus tôt les milliardaires grecs et texans s’étaient rués sur les pommes de Cézanne ou les baigneuses de Renoir. Les nouveaux riches de Los Angeles ou de Dallas payèrent jusqu’à 25 000 dollars un Château Yquem ou un Lafite Rothchild 1903, qu’ils exposaient, comme un bronze Ming. »

Le vin : un objet d’art comme les autres ?

Heureusement, le vin n’est pas qu’une relique tout juste bonne à être exposée sur une vitrine. C’est un produit de passion, élaboré par des passionnés à qui une partie d’eux-même est détruite quand des ceps sont arrachés à cause du phylloxéra, de l’oïdium ou du mildiou.

Ce petit livre est très intéressant puisqu’il mêle les anecdotes de Christian Millau avec les réalités du monde viticole actuel.

J’aime particulièrement ce passage, situé en début d’ouvrage :

« Le terrorisme du goût nous menace tous. C’est pourquoi j’ai toujours répugné à me laisser coiffer du titre de « critique gastronomique ». Le critique, c’est comme un gendarme : il dresse des procès-verbaux, inflige des amendes et, avec un vif plaisir, envoie au trou le malheureux qui lui tombe sous la patte. Pire encore, comme les saints, il fabrique des évangiles et comme les papes, fait des bulles. »

Un  petit livre exquis, à déguster gorgée après gorgée.

À lire en dégustant une tasse de thé ou un verre de vin.

Retrouvez aussi cet article sur Livres dans la poche.